Transformation d’une magnifique maison du 19e siècle à Westmount
Située sur un tronçon atypique de l’avenue Grosvenor, au sud de la rue Sherbrooke, cette résidence s’inscrit dans un ensemble dense de maisons en brique de deux étages, érigées à la fin du XIXe siècle. Conçue en 1898 par les réputés architectes Saxe et Archibald, la demeure se distingue par son architecture éclectique, mariant le style Queen Anne aux influences néo-Renaissance dans un décor fleuri presque champêtre. Tombé sous le charme des boiseries d’origine et des somptueuses moulures de plâtre de cette propriété magnifiquement conservée, le couple d’acheteurs se heurtait pourtant aux limites d’une cuisine sombre, à la vétusté des salles de bain et, surtout, à l’exiguïté des chambres à l’étage. Face à ce constat, un défi se posait : comment adapter ce joyau ancien aux exigences de la vie contemporaine sans le dénaturer ?
L’approche privilégiée a d’abord été de limiter les interventions à l’essentiel. Les transformations les plus importantes ont été menées dans la cuisine, entièrement reconfigurée autour d’un îlot central et ouverte sur l’extérieur par une nouvelle porte française. L’ancien escalier de service, autrefois réservé au personnel, cède sa place à un bar-vaisselier qui structure l’arrière-cuisine au rez-de-chaussée, et à une salle de bain d’invités à l’étage. Un puits de lumière magistral a également été percé au-dessus du hall d’entrée, venant baigner de clarté le travail exceptionnel de l’escalier principal. À l’étage, la réorganisation complète de la suite principale — qui s’ouvre sur le balcon arrière — intègre désormais une luxueuse salle de bain connectée à une penderie. Inspirés par les ogives des ouvertures d’origine, les détails des nouvelles portes et du mobilier intégré reprennent le motif de délicates arches brisées.
La nouvelle identité de cette magnifique maison célèbre le savoir-faire artisanal à travers une riche palette de textures et de couleurs. Les murs s’habillent tantôt d’une tapisserie ludique, tantôt d’une peinture à la chaux vibrante. Dans plusieurs pièces, l’intensité des tonalités immerge le visiteur dans un bain de couleur feutré. Au sol comme sur les parois, les mosaïques de marbre côtoient des dalles aux tons profonds qui contrastent magnifiquement avec les boiseries restaurées. Au salon, le carrelage patrimonial de la cheminée a été précieusement préservé pour accueillir un nouveau foyer encastré à faibles émissions, habillé d’un manteau en marbre sculpté. Sous cette enveloppe sensible, une mise à niveau de l’étanchéité et des systèmes de chauffage, ventilation et climatisation optimise la performance énergétique du bâtiment. Un confort discret et moderne, installé dans le respect total de ce chef-d’œuvre du siècle dernier.
Dans une rue calme bordée de maisons victoriennes aux galeries accueillantes et aux boiseries travaillées, deux Montréalaises trouvent l’endroit idéal pour entamer un nouveau chapitre ! Séduites par le charme du village et son atmosphère paisible, elles achètent un petit bungalow des années 1970 laissé à l’abandon.
Leur projet : démolir et reconstruire, tout en respectant l’esprit du village et ses règles d’urbanisme. Le défi : créer une maison contemporaine discrète, intégrée à son environnement, sans tomber dans la copie du style ancien.
Placée parallèlement à la rue, la nouvelle construction reste modeste dans ses volumes, mais soignée dans ses détails. Les fenêtres à battants avec croisillons, fabriquées localement, reprennent les proportions des maisons voisines. Les boiseries de pin rouge teintes soulignent sobrement les lignes simples de la façade. Le garage, reculé et dissimulé derrière une haie, laisse la maison et sa fenestration dialoguer avec la rue. À l’intérieur, le lambris de tilleul brut crée une ambiance chaleureuse, entre chalet et maison de village.
La réalisation met en valeur les savoir-faire locaux — charpenterie, menuiserie, ébénisterie, carrelage — et privilégie un faible impact environnemental : volume compact, isolation performante, matériaux à faible empreinte carbone. Plutôt que de se faire remarquer, la maison s’intègre avec naturel au paysage. Elle adopte le rythme, les codes et les matériaux de ce charmant village victorien pour mieux s’y fondre. Une maison conçue pour y vivre longtemps, simplement et sereinement : Knowlton Prairie !
Une belle maison vernaculaire de Boucherville se réconcilie avec elle-même
Construite en 1949, cette maison villageoise avait traversé plusieurs époques, accumulant les interventions disparates sans fil conducteur. En plus d’ajouter un garage et d’aménager le sous-sol, les propriétaires souhaitaient requalifier l’entrée principale et ajouter une terrasse à l’arrière tout en préservant le caractère sympathique de la résidence.
Le nouveau garage est attaché à la maison par une galerie couverte soulignant l’entrée. Ajoutant un dixième pignon à l’ensemble, cet ajout clarifie et hiérarchise les accès, rendant le parcours plus intuitif. À l’arrière, une nouvelle terrasse couverte devient un second cœur de la maison. Construite en cèdre naturel, elle offre un lieu de rassemblement lumineux, idéal pour profiter de la cour et de sa belle canopée. La réfection du bardeau gris ardoise et la peinture du revêtement dans un vert plus soutenu offrent une belle cohérence à l’ensemble.
L’intervention au sous-sol vient compléter le projet en apportant chaleur et convivialité. Malgré la contrainte d’une hauteur sous plafond limitée, l’espace se révèle plus lumineux et confortable. Une grande unité murale en bois structure la salle familiale, tandis qu’une salle de bain attenante dessert la chambre d’invités.
Un projet tout en finesse, où la transformation se manifeste dans la continuité plutôt que dans la rupture !
Restauration d’une belle maison bourgeoise du début du XXe siècle dans Ville-Marie
Située à la frontière du centre-ville et de Westmount, cette maison coloniale conservait tout son charme malgré un manque d’entretien et des rénovations sans soin. Les propriétaires souhaitent lui donner un second souffle avant d’y emménager, dans le respect de son cachet et de l’histoire du quartier.
Le projet propose une rénovation complète de l’intérieur : la cuisine et deux salles de bain sont repensées, les planchers du séjour sont restaurés, la chaudière est remplacée et l’ensemble de la maison est repeint. À l’extérieur, le porche d’entrée retrouve son élégance d’origine grâce à une restauration minutieuse.
À l’arrière, une grande terrasse couverte s’implante au-dessus de la voie d’accès au garage, créant un espace de vie extérieur généreux et convivial. L’aménagement paysager est entièrement revu afin d’intégrer harmonieusement l’accès au garage et de mettre en valeur la résidence. Les contre-fenêtres sont également considérées pour assurer confort et performance énergétique tout en respectant le caractère patrimonial.
Sobre et chaleureux, le design mis de l’avant cherche à conjuguer une écriture contemporaine à la richesse architecturale de la maison. L’ensemble des interventions vise à révéler et prolonger l’âme de cette demeure, tout en l’adaptant aux besoins d’aujourd’hui.
Construction d’une maison « farmhouse » sur un terrain boisé du Vieux-Boucherville
Quelle chance ! La famille détenait depuis toujours le dernier terrain non bâti de la rue, en cul-de-sac près de la voie ferrée. Le projet : y ériger une maison de deux étages, discrète et bien ancrée dans ce paysage périurbain de maisons canadiennes, de cottages et de bungalows aux silhouettes variées. Les arbres matures et le caractère naturel du site orientent la conception, qui mise sur les vues et s’inspire du vocabulaire bucolique de nos campagnes.
Tournée vers la rue, la maison s’organise autour d’un volume principal en « L », qui rassemble les espaces de vie et les chambres. Deux volumes annexes – la salle à manger et le garage – viennent s’y adosser, ancrant la composition dans le site. Sa matérialité lumineuse s’inspire du vocabulaire vernaculaire du Vieux-Boucherville : parement de bois horizontal peint en blanc, toiture de tôle d’acier à baguette et ouvertures rythmées.
L’entrée généreuse s’ouvre sur un escalier double hauteur dans l’axe de la salle à manger généreusement vitrée sur la lisière boisée. La grande cuisine ouverte sur le séjour est habillée d’armoires blanches pleine hauteur. Les espaces intérieurs, clairs et spacieux, rappellent l’esprit des fermes : recoins chaleureux, circulation simple et relation directe avec l’extérieur.
Entre nature et confort, la maison revisite l’esprit farmhouse : généreuse en lumière, ouverte sur la verdure et tournée vers les espaces extérieurs, elle offre tout ce qu’on attend d’une demeure familiale en première couronne !
Une famille ravive les deux derniers étages d’un triplex à Ahuntsic
Comment installer sa famille dans un triplex centenaire sans complètement le dénaturer ? En occupant les deux étages supérieurs, cette jeune famille a choisi de garder le logement locatif du rez-de-chaussée et de mettre en valeur le caractère de l’immeuble centenaire. L’idée : préserver l’âme du lieu tout en l’adaptant aux besoins actuels. Boiseries peintes, rosaces de plâtre, briques anciennes et portes d’époque ont été conservées, puis agencées à des matériaux sobres et chaleureux : chêne clair, terre cuite, et tapisseries colorées. L’ensemble vise l’harmonie plutôt que le contraste, la chaleur des braises plutôt que l’abstraction de la neige.
Les pièces de vie, autrefois cloisonnées, s’ouvrent maintenant sur la cour et ses arbres matures. Le puits d’escalier, ouvert sur toute la hauteur, relie les deux niveaux accentuant la verticalité. La lumière varie au fil de la journée, créant des ambiances changeantes.
La circulation centrale typique des appartements montréalais est maintenue, mais repensée pour plus de fluidité. Chaque pièce trouve naturellement sa place selon les usages quotidiens. Les mobiliers intégrés — banquette, bureau, lit escamotable — permettent de profiter au maximum de l’espace disponible, contribuant ainsi à répondre aux besoins de la maisonnée familiale.
Mission accomplie ! Les traces du passé sont préservées sans compromettre le confort et la fonctionnalité nécessaires à la vie d’une famille en ville. Le résultat est un intérieur à la fois familier et renouvelé, chaleureux et vivant !
L’une des plus anciennes maison loyaliste de Frelighsburg restaurée et agrandie en bibliothèque privée
Sur le bucolique chemin d’Eccles Hill, une charmante maison loyaliste du XIXe siècle se dresse fièrement. Difficile d’imaginer que l’extension de briques flanquée à sa droite ne fait pas partie de la construction d’origine. C’est pourtant l’œuvre d’une architecture contemporaine permettant de loger la vaste collection d’une lectrice passionnée !
Dans le plus grand respect de ce patrimoine de campagne, les architectes ont pris le parti du style géorgien d’époque pour construire l’agrandissement. En retrait du corps principal, le nouveau volume se rattache à la cuisine d’été par une petite véranda. Ses façades de brique rouge orangée sont rythmées par des fenêtres à guillotine et croisillons en bois massif. La frise en bois massif de son pignon orne la toiture de tôle à double pente. La galerie extérieure qui faisait autrefois le pourtour de la maison principale est reconstituée à partir de photos historiques trouvées dans les archives de la municipalité. En se prolongeant jusqu’à l’agrandissement, elle forme un ensemble homogène et cohérent. À l’intérieur, les boiseries et les volets à crémone en noyer contrastent avec les murs de chaux. L’isolation très performante des murs et de la toiture, confèrent une ambiance acoustique et thermique apaisante. Calé dans un fauteuil, un chocolat chaud à la main, quel plaisir de laisser filer l’après-midi à lire en admirant le paysage saisissant des vergers autour de cette magnifique maison !
Quinze ans plus tard, une maison d’architecte repensée par… des architectes !
Agrandi en cour arrière par la firme Nature Humaine en 2010, ce shoebox de Rosemont avait tout pour plaire : grande salle à dîner double hauteur généreusement ouverte sur la cour, spectaculaire îlot en noyer massif, chambre principale en mezzanine. Cependant, avec leurs deux enfants qui grandissent et la montée du télétravail, cette famille ne s’y retrouvait plus. Comment agrandir cette belle résidence unifamiliale primée avec un budget raisonnable, sans compromettre son essence, dans un contexte d’inflation marquée ?
En ajoutant un étage sur l’agrandissement de 2010, les architectes ont tiré parti des nouvelles fondations en béton pour y percher les deux chambres des enfants à l’arrière. Le nouveau volume accueille également un salon double hauteur et sa grande fenêtre donnant sur le jardin. Pour minimiser la portée des travaux mais aussi pour mettre en valeur le design d’origine, la cuisine et sa salle à manger sont restaurées. À l’avant, une des chambres existantes est transformée en bureau tandis que l’autre est greffée d’une penderie et d’une salle de bain en suite pour les parents.
On en profite pour améliorer l’efficacité énergétique de l’ensemble. L’honneur de ce petit joyau du patrimoine moderne montréalais est préservé ! La résidence Saint-Hubert entreprend sa seconde vie !
Trois nouvelles maisons de ville distinguées remplacent une résidence unifamiliale abandonnée dans Villeray
En déficit d’entretien depuis plusieurs années, cette maison unifamiliale d’après-guerre était déjà abandonnée lorsque l’offre d’achat d’un promoteur fut acceptée. Construite sur un triple lot mais détachée du duplex mitoyen au nord, son volume ne cadrait plus avec la densification de ce quartier situé à un jet de pierre du métro d’Iberville. Confronté à une réglementation qui limite la construction à un seul logement par lot, le promoteur choisit d’optimiser le nombre de chambres par unité pour pouvoir accueillir trois familles.
Chaque maison de ville est construite sur trois niveaux avec les espaces de vie au rez-de-chaussée et les trois chambres principales à l’étage. Le hall donne sur une grande penderie de frêne percée sur la cuisine. Au centre de la composition, le volume blanc de l’escalier en bois qui désert l’étage borde la salle à manger côté cour et le salon côté rue. À l’étage, le puits d’escalier accueille un bureau baigné de lumière zénithale. L’entrée arrière de plain pied avec le jardin forme un grand palier-vestibule ouvert sur la salle familiale en contrebas. En plus de ses deux chambres d’invités pouvant servir de bureau, le sous-sol comprend une salle de bain complète et beaucoup de rangements.
Accentuée par le motif des briques d’argile beige et le percement de l’escalier kaki, la répétition des trois unités mitoyennes rythme la composition de la façade avant. La géométrie compacte des maisons de ville profite d’un excellent apport de lumière naturelle avec une fenestration généreuse sur la rue comme la ruelle. À l’arrière, un lambris de bois assorti aux fenêtres couronne l’étage. Avec ses garages à vélo en cèdre naturel et ses aires de jeux en pavé alvéolé, les Triplettes d’Iberville ont tout ce qu’il faut pour plaire aux familles qui veulent profiter de ce quartier résidentiel tranquille et très central !
Ceshoebox de Rosemont avait déjà été agrandi à l’arrière par un promoteur. Vaste et généreusement ouvert sur la cour, le séjour donnait l’impression d’un loft mal aménagé. La façade arrière cachait une structure déficiente et des problèmes d’infiltrations. En plus de repenser l’aire de vie, les nouveaux propriétaires souhaitaient ajouter un étage formant une troisième chambre.En proposant d’ajouter la pièce supplémentaire à même le volume existant, les architectes ont permis de mieux structurer les aires de vie, mais surtout… de limiter le budget ! Le volume de bois ajouté tire profit de la généreuse hauteur sous plafond en formant un demi-étage qui libère une grande surface au sol pour du rangement. Le salon se love derrière ce volume, pratique et réconfortant avec son meuble encastré baigné de lumière zénithale. Le reste de l’aire ouverte forme une grande cuisine avec sa salle à manger ouverte sur la cour. Les hauts plafonds sont habillés d’une cimaise de chêne rouge qui structure la composition et équilibre les proportions. Les travaux ont nécessité la reconstruction complète de la façade arrière pour accommoder la fenêtre de la chambre et afin d’optimiser la lumière et la ventilation naturelle dans le séjour. La brique d’argile ancienne a été démontée et réinstallée en place. Chaleureuse autant que performante, cette rénovation fait la démonstration que l’on peut transformer un shoebox mal configuré en l’agrandissant… de l’intérieur !